Being Young and Growing Old in Canada and Québec/ Être jeune et vivre vieux au Canada et au Québec

Abstracts/ Résumé


Pierre Trudel (Université du Québec à Montréal - UQAM)

Regard sur trois générations d’Autochtones

La notion de «fossé des générations» prend un sens particulier pour la plupart des communautés autochtones du Québec, plus particulièrement pour celles qui se sont sédentarisées vers le milieu du siècle dernier.  Nos concepts de «jeunes» et d’«ainés», ainsi que celui du «conflit de génération» n’existent pas dans une société nomade ou semi-nomade. Il importera ici de rappeler en quoi consiste la place des jeunes et des ainés dans la société traditionnelle autochtone.  De cette façon, nous pourrons cerner les fondements historiques et culturels à l’origine d’un certain stéréotype qui réduit les ainées à des sages et les jeunes à des enfants qui grandissent sans contraintes.

L’histoire récente a créé en quelque sorte trois générations d’autochtones. Presque disparue, la première génération a passé une bonne partie de sa vie sur le territoire à chasser et pêcher, souvent avec leurs enfants. Ces enfants rendus à l’âge scolaire ont été  nombreux à quitter la réserve pour des pensionnats, jusqu’à l’âge adulte. Et la troisième génération, soit leurs enfants et petits-enfants - véritable «enfants des réserves» - n’ont pas connu ce territoire si cher à l’identité autochtone.

Pour mieux connaître le premier «fossé des générations», celui  qu’ont provoqué les pensionnats, il importe de rappeler les origines de ces institutions et la nature de l’éducation qui y avait cours. Un regard sur la situation des jeunes montrera les défis qu’ils affrontent de nos jours afin de se définir comme autochtone.  Loin d’être homogène, leur situation est diversifiée. Sans les territoires et, de plus en plus, sans les «ainés» qui les ont fréquentés, ces jeunes arrivent malgré tout à maintenir une identité culturelle particulière. Ainsi va la culture.

A Look on Three Generations of Aboriginals

The notion of a “generation gap” takes on a particular meaning for Québec’s native communities, especially for those who have become sedentary towards the middle of the last century. Our concepts of “young” and “old”, and of a “conflict of the generations”, do not exist in a nomadic or seminomadic society. In the present context, it will be important to recall what the place of the young and the old consists of in traditional native society. Thereby, it will be possible to understand the historical and cultural foundations of a certain stereotype that reduces older people to wise women or men and younger people to children who grow up without constraints.

In a sense, recent history has created three generations of aboriginals. Members of the first generation, which has now almost disappeared, have spent a large part of their lives hunting and fishing in the territory, often with their children. When these children were old enough to go to school, many of them left the reserves for boarding schools, until they were adults. And the third generation, i.e. their children and grand-children – genuine “children of the reserves” – have not known the territory which is so important for native identity.

In order better to understand the first “generation gap”, brought about by the boarding schools, it is important to recall the origins of these institutions and the nature of the education they offered. A look at the situation of the young will show the challenges they face today when it comes to defining themselves as natives. Far from being homogeneous, their situation varies considerably. Without the territories and, to an increasing extent, without the “elders” who lived there, these young people manage nonetheless to maintain a specific cultural identity. That’s the way culture goes.


Kerstin Knopf (Universität Greifswald)

Âge, savoir indigène et les défis de la modernité

Si les cultures indigènes vénèrent l’âge avancé, c’est principalement parce que les aînés ont acquis des connaissances culturelles et historiques ainsi qu’une maturité mentale grâce à l’enseignement et à leur expérience de la vie. Ainsi les aînés sont les dépositaires de l’histoire et du savoir, ils les enseignent et on leur demande de fournir des directives et des conseils politiques. Cette pratique continue à exister de nos jours (Atleo 2004; Battiste 2002). Or, les responsabilités comme  gardiens du savoir et des langues indigènes ou comme porte-paroles pour des enjeux indigènes sont aussi accordées à des personnes de plus en plus jeunes. Il est évident que le statut d’aîné n’est plus nécessairement lié à l’âge avancé. Cette présentation discutera de la façon dont la littérature et le cinéma indigènes mettent en scène la relation entre l’âge et le savoir indigène. Elle démontrera aussi que le savoir indigène a été considéré comme valable pour les seuls indigènes et comme primitif, folklorique et non scientifique dans la perspective occidentale du savoir et de la science. De plus, elle montrera que de nos jours, beaucoup d’indigènes éduqués du monde entier appellent à « indigéniser le monde académique » et d’inclure les connaissances et les méthodes indigènes dans les discours et les pratiques universitaires à l’échelle de la planète. (Kovach 2009; Kuokkanen 2007; Mihesuha and Wilson 2004; Tuhiwai Smith 1999).

Age, Indigenous Knowledge, and the Challenges of Modernity

Indigenous cultures revere old age, mainly because elders have acquired cultural and historical knowledge and spiritual and mental maturity through teachings and life experience. Elders are thus keepers of history and knowledge, are teachers, and are asked to provide guidance and political advice, a practice that is continued in contemporary contexts (Atleo 2004; Battiste 2002). But also increasingly younger people are given responsibilities to function as custodians for Indigenous knowledges and languages and as speakers for Indigenous concerns. The status as elder, it becomes clear, is no longer tied to advanced age. The presentation will discuss how Indigenous literature and films take issue with the relation between age and Indigenous knowledge. It will also address the facts that Indigenous knowledge has been understood as relevant for Indigenous cultures only and, according to Western views of knowledge and science, as primitive, folkloric, and unscientific. Furthermore, it will show that now many younger Indigenous scholars around the world call for an ‘indigenizing the academy’ – including Indigenous knowledges and methodologies into discourses and practices of institutions of higher education worldwide (Kovach 2009; Kuokkanen 2007; Mihesuha and Wilson 2004; Tuhiwai Smith 1999).


Joseph Tindale (University of Guelph)

Les relations familiales intergénérationnelles chez les personnes âgées pratiquant le jeu recréatif en Ontario: une source pour des relations positives et une protection contre les risques du jeu du hasard

Les jeux du hasard sont souvent très mal vus par les écrits académiques et par les média. Les personnes âgées y apparaissent souvent comme les plus menacées par ce genre de pratique.

Or, notre recherche menée sur un échantillon représentatif de personnes (N = 2292) provenant de sept petites communautés représentant toutes les régions de la province (Norris & Tindale, 2006) a révélé que pour la plupart des personnes âgés le jeu était une activité pleine de sens partagée par d’autres membres de leur famille et leurs amis. La très grande majorité des personnes âgées ne courait aucun danger sérieux en jouant, et plus ils étaient proches de leur famille moins le risque était grand. L’argument de la relation avec la famille a été confirmé dans une étude (N = 795) sur des personnes âgées vivant en ville et en proie à des états dépressifs ainsi que par l’étude d’un échantillon (N = 100) de couples métis babyboomeurs (Tindale & Norris, 2012). 

De manière analogue, nous avons trouvé par une enquête auprès de 50 personnes âgés et un enfant adulte interviewés (N = 100) que le jeu récréatif peut être associé au développement et au soutien de relations familiales positives (Sleightholm, Norris and Tindale, 2013). De même, une analyse selon le sexe appliquée à l´échantillon des personnes âgées établi par Norris & Tindale (2006) a montré qu’une séparation ou un divorce augmente le risque associé au jeu pour les hommes aussi bien que  pour les femmes (Bisson, Norris & Tindale, 2013).

Comme ces études le montrent, le jeu pratiqué comme loisir peut constituer pour beaucoup de personnes une activité sociale pleine de sens et à un coût raisonnable, dont le risque est peu élevé et limité par un comportement responsable et par des liens familiaux intergénérationnels forts. 

Membres de l’équipe de recherche autres que moi-même : Joan E. Norris Ph.D. (Co-investigator), Éric Thériault, Elise Bisson, Melissa Sleightholm)

Intergenerational Family Relations among Aging Ontario Recreational Gamblers: A Source for Positive Relationships & Protection against Problem Gambling Risk

In the academic literature and popular media gambling often gets a bad rap and most of the worry is aimed at older persons as being particularly at risk in problem gambling.

With a convenience sample (N = 2292) drawn from seven small communities selected to represent all regions of the province, we found (Norris & Tindale, 2006) that for most seniors gambling was meaningful recreation engaged in with other family members and friends.  The vast majority of seniors were not at serious risk of problem gambling and that higher values on a scale measuring family closeness were correlated with reduced risk of problem gambling. The family relationship point has held in a study (N = 795) of urban baby boomer and depression era seniors together with a companion partnership study with a sample (N = 100) of Métis aboriginal baby boomers (Tindale & Norris, 2012). 

Similarly, in an interview study of 50 older persons and an adult child (N = 100) we found that recreational gambling can be associated with development and support of positive family relationships (Sleightholm, Norris and Tindale, 2013). And in a secondary analysis of gender in the seniors’ sample of Norris & Tindale (2006) data we found being separated or divorced was associated with increased risk of problem gambling for both men and women (Bisson, Norris & Tindale, 2013)

Across the studies, we have found that for many older persons recreational gambling can be meaningful social activity that is affordable, where risk is low & buffered by responsible behavior and strong intergenerational family ties.

Research team members other than myself: Joan E. Norris Ph.D. (Co-investigator), Éric Thériault, Elise Bisson, Melissa Sleightholm)


Sophie Bissonnette (Montréal)

Après la cinquantaine dondaine (atelier vidéo / film workshop)

Présentation de la vidéo Après la cinquantaine dondaine (23 min, Québec, 2012) et présentation du processus de création de l’œuvre, une œuvre d’art communautaire réalisée d’après une idée originale de Sophie Bissonnette en collaboration avec les participantes à un atelier de récit de vie pour femmes de 50 ans et plus offert par un organisme communautaire de Montréal, le Y des femmes.

Les femmes de 50 à 70 ans aujourd’hui constituent une génération unique dans l’histoire. Ces femmes ont été les premières à avoir accès à des moyens contraceptifs pour limiter la taille de leur famille, à poursuivre des études supérieures, à occuper des métiers traditionnellement réservés aux hommes, à négocier des relations égalitaires dans le couple, tout en continuant de s’acquitter des responsabilités familiales traditionnellement assumées par les femmes. La société québécoise s’est profondément transformée sous leur impulsion.

Ces femmes ont composé leur vie comme un art d’improvisation, s’investissant dans le travail, s’occupant de leurs enfants et de parents vieillissants ou refaisant leur vie dans un autre pays dans le cas des femmes immigrées. Elles ont relevé de nombreux défis, souvent avec courage et ingéniosité. Arrivées à la maturité, elles sont porteuses de leçons de vie à un moment où le désir de transmettre devient plus pressant. Elles abordent souvent cet âge animées d’un second souffle et d’une nouvelle quête de sens.

Dans le cadre d’une série de rencontres, les 7 participantes à la vidéo se sont racontées et elles ont créé un récit collectif en musique, en poésie, en danse, en images et en mots autour du thème : Oser.

Après la cinquantaine dondaine (film workshop)

Presentation of the video “Après la cinquantaine dondaine” (23 mins, Quebec, 2012) and presentation of the process leading to the work’s creation. Based on an original idea by Sophie Bissonnette, this is a work of community art made in collaboration with the participants of a workshop on life writing for women over 50, provided by Y des femmes, a community organization in Montréal.

Women aged today between 50 and 70 represent a unique generation in history. These women have been the first to have access to contraceptive methods to limit the size of their families, to go to university, to work in jobs traditionally reserved to men and to negotiate equal relations in the couple, whilst also continuing to fulfill the family roles traditionally taken on by women. Their influence has profoundly transformed Quebec society.

These women have composed their lives as an art of improvisation; they have put a lot into their work, they have cared for their children and their ageing parents or, in the case of immigrated women, they have rebuilt their lives in a different country. They have lived up to numerous challenges, often with courage and ingenuity. Having reached maturity, they are the bearers of life lessons at a moment when the desire to transmit becomes more urgent. They often tackle this age with new energy and a new search for meaning.

In the context of a series of meetings, the 7 participants in the video have told their own stories, and they have created a collective story using music, poetry, dance, images and words around the theme: to dare.


Rachel Killick (University of Leeds)

Relever le défi: la représentation de la maladie d’Alzheim 'L’Impératif présent' (2003) pièce de Michel Tremblay et dans 'La Brunante' (2007), film de Fernand Dansereau

Le spectre de la maladie d’Alzheimer hante de manière particulièrement forte l’esprit des populations vieillissantes de l’Occident. Au Québec, 20,000 personnes sont actuellement atteints, chiffre qui devrait se hausser, d’ici une vingtaine d’années, à 250,000. La perte de la mémoire, les difficultés d’interaction sociale, les changements de personnalité, symptômes précurseurs perceptibles avant toute défaillance corporelle, sont des aspects bouleversants d’un écroulement de l’identité extrêmement difficile à vivre pour les victimes elles-mêmes et pour leurs proches. Ces particularités peuvent se mettre en rapport avec une gamme de réflexion plus large - philosophique, psychologique et sociale - sur le rôle de la mémoire dans la construction et l’entretien de l’identité et sur les pressions contradictoires de l’autonomie et de la dépendance dans le champ des interactions personnelles et sociales. Écrivains et artistes se sont toujours intéressés à ces questions, et l’intensité avec laquelle elles se manifestent à travers la maladie d’Alzheimer, leur permet d’unir leur examen des durs problèmes ponctuels propres à ce fléau moderne de la longévité à une réflexion existentielle d’une grande portée générale. La représentation de la maladie d’Alzheimer pose cependant de considérables défis éthiques et artistiques pour les arts ‘publics’. Confrontant L’Impératif présent (2003) pièce de Michel Tremblay, et La Brunante (2007), film de Fernand Dansereau, cette communication a pour but d’examiner le potentiel du théâtre d’une part, du cinéma de l’autre, pour la mise en scène de cette maladie et de proposer une brève évaluation de leurs portraits respectifs de ses effets dévastateurs.

Representing Alzheimer’s – the challenge of stage and screen in Michel Tremblay's play 'L'Impératif présent' (2003) and Fernand Dansereau's film 'La Brunante' (2007)

Of all the degenerative diseases, Alzheimer’s has a particular grip on the public interest and the collective imagination of the ageing populations of the Western world. In Québec the number of people affected currently stands at some twenty thousand, with a quarter of a million sufferers predicted in twenty years time. The failure of memory, the loss of social connexion, the disappearance of self- and -social awareness and the collapse of identity, all of them outrunning other bodily failure, are disturbing and harrowing features of the illness for sufferers themselves in the first instance, and increasingly, as degeneration runs its unstoppable course, for those around them. At the same time the physiological particularities of the disease link into broader philosophical, psychological and social questions about the role of the memory in the constituting of individual and social identity, and about the conflicting pressures of autonomy and dependence in the field of personal and social interaction. These questions have always interested writers and other creative artists, and the intensity of their refraction through the lens of Alzheimer’s thus has a wide-ranging general relevance as well as being peculiarly topical. Representation of the illness poses however considerable ethical and artistic challenges, most notably for the high impact public performance media of theatre and film. Comparing and contrasting Michel Tremblay’s 2003 play, L’Impératif present and Fernand Dansereau’s 2007 film La Brunante, this paper will explore the various ways in which Tremblay and Dansereau exploit the potential of stage on the one hand, screen on the other, to represent the disease and offer a brief assessment of the impact and resonances of their respective portrayals of its devastating effects.


Werner Nell (Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg)

Paysans, citoyens et migrants. Expériences et politiques en vue de devenir un membre de la société au Canada et en Allemagne

En raison de son histoire et de son encadrement idéologique, le Canada se perçoit (a et a toujours été perçu par les autres, les Allemands en particulier) comme l’un des pays les plus ouverts et les mieux organisés dans le domaine de l’immigration et de l’aide à l’intégration. L’Allemagne, en revanche, s’est considérée plus longtemps (pas trop longtemps, cependant, vu le contexte historique réel), explicitement comme une société de « non-immigration » (“Deutschland ist kein Einwanderungsland”), slogan qui a servi de programme jusqu’à la fin des années 1990. Depuis, les choses ont bien changé, non seulement en Allemagne, mais aussi au Canada. Le Canada et l’Allemagne n’apparaissent non seulement comme opposés, mais également comme comparables dans leurs profils, leurs défis et leurs réactions. L’Allemagne a commencé à mettre en œuvre des expériences novatrices et semble se diriger vers une société de migration (plus ou mopins acceptée par les pouvoirs politiques et sociétaux dominant sa propre société), tandis que le Canada contemporain, même si les programmes spéciaux et la prise en considération des immigrants continuent à fonctionner et à être acceptés, semble se diriger (à l’instar de la Commnunauté européenne) vers la fermeture de ses frontières et l’opinion publique ainsi que les discours politiques mettent l’accent sur les différences entre ceux qui sont bienvenus (les Indiens) et ceux qui ne le sont pas (les Arabes). Dans un contexte mondial de fermeture contre les réfugiés et les immigrants de diverses origines, le Canada est apparemment en train de perdre son ouverture, tandis que l’Allemagne apparaît comme autant divisée que le Canada et que beaucoup de pays d’immigration « classiques » (Royaume Uni, Etats-Unis, Australie) entre la fermeture, et l’ouverture qui, elle, n’a jamais dans l’histoire été réellement aussi généreuse et motivée par la miséricorde et l’humanité que certains discours européens, particulièrement dans les années 1980 ont bien voulu le percevoir. En revanche, le Canada semble être, même aujourd’hui, un modèle ou un paradigme pour régler et pacifier les conflits et les défis liés aux processus d’immigration.  Ainsi la « diversité » peut apparaître non seulement comme un signe qui marque les migrants et les sociétés d’immigration, mais aussi  les attitudes, les discours politiques et l’action envers les processus de migration, la mobilité sociale et la transformation sociale elle-même.

Ma contribution présentera les grandes lignes de la toile de fond historique et des défis mondiaux posés aux politiques migratoires, pour le Canada comme pour l’Allemagne, et se référera à des influences et des attitudes comparables ou différentes qui existent dans les sociétés canadienne et allemande. Ainsi, elle essaiera de présenter les conditions et les chances par rapport à d’autres besoins et au développememnt du recrutement d’immigrants, sans négliger ni les droits des migrants en tant que personnes humaines ni leurs craintes et leurs attitudes, mais en considérant également les longues traditions des populations « de souche » dans les deux pays.

Peasants, Citizens, and Migrants. Experiences and Policies of Becoming a Member of Society in Canada and Germany

Due to historical developments and ideological framing Canada regards itself (and has always been regarded from the outside, especially from a German point of view) as one of the most open-minded and well-organized countries in coping with migration processes and facilitating integration. On the other hand Germany has a longer (but regarding the real historical context not too long) history of seeing itself explicitly as a “non-immigration” society (“Deutschland ist kein Einwanderungsland”), a slogan which had been in use programmatically until the end of the 1990s. Since then a lot has changed – not only in Germany but in Canada as well which shows Canada and Germany not only in contrast once more but also in comparable outlines, challenges and reactions. Germany has started innovative experiences and seems to move into a direction of becoming a migration society (even more or less accepted by dominant political and social powers in the society itself), while contemporary Canada, although special programs and references to immigrants welcome are still working and accepted, seems also (like European Community)  to move into the direction of closing borders and public opinion and political discourses are focusing on differences between those who are welcome (Indians) and those who are not (Arabs). By these divergent processes Canada in a worldwide framing of closure against refugees and migrants of different origins is obviously losing openness, while Germany appears to be as divided as Canada and a lot more so-called “classical” migration countries (UK, USA, Australia) between closing and opening which in history and reality has never been as open and mostly conducted by misery and humanity as it has been seen in some of the European discourses especially in the 1980s. On the other hand even today, Canada seems to be and rightly still is a model or paradigm for organizing and de-escalating conflicts and challenges connected with migration processes. “Diversity” thus may not only appear to be a mark of migrants and migrations societies but also of attitudes and political discourses and handling towards migration processes, social mobility and social transformation itself.

My paper will outline historical backgrounds and global challenges to migrations policies in Canada and Germany alike, referring to different or comparable influences and attitudes of German and Canadian societies thus trying to frame conditions and chances for further needs and development in recruiting migrants without neglecting neither the rights of migrants as human beings nor their fears and attitudes, but also taking into consideration the long time habits of the so-called “indigenous” populations in both countries. 


Yasemin Karakaşoğlu (Universität Bremen, FB 12)

L’Education multi-culturelle au Canada comme le meilleur exemple à suivre dans le discours universitaire sur l’éducation interculturelle en Allemagne

A la recherche d’une approche éducationnelle fondée en théorie et réalisable dans la pratique qui répondrait aux besoins d’une société d’immigration, les spécialistes en éducation allemands semblent s’accorder depuis 10 ans pour considérer que le Canada a réalisé ce que l’Allemagne doit encore développer. Vu d’Allemagne, le système canadien est si convaincant puisqu’il combine avec succès des mesures pour soutenir les performances scolaires d’enfants immigrés (les résultats PISA faisant foi) et une approche éducative multiculturelle globale. Cette contribution présentera la perception universitaire allemande de l’Education multiculturelle canadienne et discutera pourquoi et comment celle-ci est souvent présentée comme le meilleur exemple à suivre pour l’Allemagne, en ce qui concerne le changement du système dans son ensemble pour répondre aux défis d’une société multi-culturelle. Je serais particulièrement intéressée par une discussion avec les auditrices et les auditeurs sur les éventuelles erreurs que comporte cette perception allemande du Canada.

Multicultural Education in Canada as Best Practice Example in the Academic Discourse of Intercultural Education in Germany

In search for a both theory based and practically applicable approach in education that fits to the needs of an immigrant society it seems to be common sense among German intercultural educational scientists in the last 10 years that Canada has achieved what Germany still has to develop.  Viewed from a German perspective the Canadian systems seems so convincing as it combines successful measures to support school performance of immigrant children (as proved by PISA) with an overall multicultural approach in education. This paper will present this German academic perspective on Canadian Multicultural Education and will discuss why and in how far it is often presented as a best practice example for Germany in terms of changing a whole system to meet the challenges of a multicultural society. I am especially interested to discuss with the audience also the shortcomings of this specific German discourse on Canada.


Meike Hethey/ Sabine Doff (Universität Bremen, FB 10)

Becoming Canadian? Stories of Young and Old Asian Immigrants in the Foreign Language Classroom

Les Asiatiques forment un groupe considérable parmi les immigrants qui cherchent leur bonheur au Canada anglophone et francophone. Il ne surprend pas que ce groupe est aussi bien représenté dans les textes de la littérature de migration canadienne. Celle-ci examine des expériences migratoires paradigmatiques dans toute leur diversité comme, par exemple,  des sentiments d’altérité ou des défis de l’intégration comme l’apprentissage d’une nouvelle langue ou les tentatives d’équilibrer ses racines (asiatiques) avec son adaptation à une nouvelle vie (au Canada). C’est la raison pour laquelle ces textes – comme le montrera notre contribution – sont des sources riches bien que rarement utilisées dans l’enseignement des langues étrangères. En comparant des représentations littéraires des expériences migratoires de vieux (la nouvelle Why my mother can’t speakEnglish de Gary Engkent) et de jeunes (le roman Ru de Kim Thúy) immigrants asiatiques au Canada anglophone et au Québec nous explorons leur potentiel pour encourager la compétence interculturelle en classe de FLE et de ALE.

Devenir Canadien? Histoires des jeunes et des vieux immigrants asiatiques en classe des langues étrangères

People from Asia form a substantial group among immigrants who have tried their luck in the Anglophone as well as the Francophone parts of Canada. Unsurprisingly, this group is also well represented in texts of Canadian migration literature which illustrate a variety of paradigmatic migration experiences, like, for example, the feeling of radical "otherness", challenges of integration like learning a new language and the struggle between keeping one's (Asian) roots and at the same time adapting to a new life (in Canada). This is why –as our paper demonstrates – these texts provide rich yet so far rarely activated resources for the foreign language classroom. We compare literary representations of migration experiences of old (Gary Engkent's story "Why my mother can't speak English") and young (Kim Thúy's novel "Ru") Asian immigrants to French and English Canada and explore their potential for teaching/learning about culture in the foreign language classroom.


Steffen Schneider (Ludwig-Maximilians-Universität München)

Citoyenneté, démocratie et soutien du régime politique au Canada – une mutation générationnelle?

Les résultats d’une quantité considérable de sondages réunis ces dernières années amènent un grand nombre de chercheurs en opinion publique à diagnostiquer une crise de légitimité dans les démocraties établies. Selon une ligne interprétative qui prévaut, cette érosion dans le soutien du régime serait due à l’insatisfaction sur les procédures et les institutions traditionnelles de la démocratie représentative et indiquerait une demande croissante pour des formes plus authentiques de participation citoyenne. De surcroît, une foule de diagnostics de crise semblent dénoter un déclin tout particulier de la qualité démocratique et de la légitimité de la démocratie parlementaire du Canada. Au Canada et ailleurs, ces diagnostics de crise indiquent également une mutation générationelle des attitudes et comportements politiques et du soutien du régime. Cette contribution utilisera les données de “AmericasBarometer” pour examiner l’hypothèse d’une telle mutation générationnnelle et d’en discuter l’impact.

Citizenship, Democracy, and Regime Support in Canada: A Generational Shift?

Drawing on a considerable amount of survey evidence gathered in recent years, many public opinion researchers diagnose a legitimacy crisis of established democracies. According to a prominent line of interpretation, the erosion of regime support is primarily caused by dissatisfaction with the traditional procedures and institutions of representative democracy and indicative of growing demand for more genuine forms of citizen participation. Moreover, a flurry of crisis diagnoses suggests that the democratic quality and legitimacy of Canada’s parliamentary democracy might have particularly suffered. Both in Canada and elsewhere, the crisis diagnoses suggest a generational shift in political attitudes, behavior, and regime support. The paper uses AmericasBarometer data to probe the hypothesis of such a generational shift and to discuss its impact.


Bernard Fournier (Université Libre de Bruxelles)

Le Printemps érable de 2012: un conflit générationnel ?

Au printemps 2012, les jeunes étudiants ont littéralement bouleversé le Québec. Le Printemps« érable » – référence amusée aux événements des pays arabes – a remis en question les images souvent négatives qui décrivaient jusqu’alors l’intérêt des jeunes pour les questions sociales et politiques. Il devient maintenant très difficile de soutenir que les jeunes Québécois refusent de participer lorsque des milliers d’entre eux se retrouvent dans les rues pendant des semaines, voire des mois. Par ailleurs, la philosophie du mouvement, ses idées, a aussi remis en question la vision du Québec des plus âgés. Si un courant de sympathie s’est manifesté auprès d’une certaine partie de la population (illustré par les fameux « carrés rouges » portés majoritairement à Montréal), la population en général ne partageait pas vraiment ce refus d’augmenter les frais de scolarité, encore moins l’idée de les abolir (comme le réclamaient les éléments les plus extrémistes du mouvement). Cette réalité explique probablement la réticence du gouvernement libéral de l’époque à revenir sur son projet, malgré la montée des protestations étudiantes. D’ailleurs, les élections de l’automne suivant ne furent-elles pas finalement perdues de justesse ? Quelles sont les valeurs que véhiculait le Printemps érable ? Peut-on croire qu’elles uniront les jeunes dans une « génération politique », comme on a pu parler de la génération des années soixante ? Le mouvement marquera-t-il durablement le Québec ? Avons-nous été en présence d’un « conflit générationnel » ? Voilà quelques questions auxquelles nous aimerions répondre, après avoir largement situé le mouvement dans son contexte social et politique.

The Maple Spring of 2012: A Conflict of Generations?

In the spring of 2012, young students have literally turned Quèbec upside down. The “Maple” Spring – an amused reference to the events in the Arab countries – has called into question the often negative images which had hitherto described the interest of the young for social and political questions. It now becomes very difficult to maintain that young Quebeckers refuse to get involved when thousands of them take to the streets for several weeks or even months. In addition, the movement’s philosophy, its ideas, has also called into question the older generation’s vision of Quebec. While there has been a wave of sympathy in part of the population (illustrated by the famous “red squares”, worn mostly in Montréal), the population in general did not really share this refusal to raise tuition fees, and even less the idea to abolish them altogether (as the movement’s most extremist elements demanded). This reality probably explains the reluctance of the liberal government at the time to go back on its project, in spite of the rise of student protest. Besides, weren’t the elections of the following autumn finally lost by a small margin? Which are the values conveyed by the Maple Spring? Will they unite the young in a “political generation”, comparable to what has been talked of as the generation of the 1960s? Will the movement have a lasting impact on Quèbec? Have we been in the presence of a “conflict between the generations”? These are some of the questions which the paper will attempt to answer, after having thoroughly situated the movement in its social and political context.


Penelope Ann-Scott Murdock (Universität Bremen, FB 10)

Tendances dans la pratique sportive et le développememnt identitaire chez les adolescents canadiens

Que ce soit juste pour le plaisir ou inspirés par l’exemple des Terry Fox, Wayne Gretzky, Harry Jerome ou Donovan Bailey, les adolescents canadiens s’impliquent directement ou indirectement dans le sport de compétition. Cette contribution propose un portrait succint mais complet des tendances actuelles pour ce qui est de pratique sportive des adolescents canadiens, basé sur des statistiques nationales et quelques références particulières. Un intérêt particulier sera porté sur certains déterminants de la participation sportive, comme les facteurs socio-démographiques de la langue maternelle et du sexe, les bénéfices perçus et les barrières empêchant une participation, les motivations d’une participation ou non à la pratique sportive et enfin la différence entre des adolescents nés au Canada et ceux étant immigrés. Au-delà de ce cadre général, une attention particulière sera portée sur le lien entre la participation sportive et le développement de l’identité nationale. Le Canada présente évidemment un contexte unique à cet égard, grâce à la valorisation d’une conscience bi-culturelle. L’exemple des athlètes noirs montre tout particulièment que l’existence et le développement  inéluctables d’une identité bi-culturelle est très complexe pendant l’adolescence. Les minorités visibles explorent la question émergente de l’identité dans des perspectives multiples : ils sont des athlètes et ils sont canadiens. Or, ces identités sont nécessairement liés à une perspective éthnique et/ou raciale, car c’est ce qui  importe dans la société dans laquelle ils vivent. On pourrait penser que les athlètes adolescents aux appartenances identitaires doubles vivent aussi dans un état de concience double, et concourent pour être “aussi canadiens que possible, dans les circonstances données.”

Trends in Sport Participation and Identity Development among Canadian Adolescents

Whether for the sheer fun of it or inspired by the legacies of Terry Fox, Wayne Gretzky, Harry Jerome, or Donovan Bailey, Canadian adolescents are directly and indirectly involved in competitive sport. By means of national statistics and anecdotal references, this presentation offers a concise yet comprehensive portrayal of current trends in sport participation among Canadian adolescents. Key topics will include identified correlates of sport participation; socio-demographic factors such as mother tongue and gender; perceived benefits and barriers to participation; the rationale for participation or nonparticipation in sport; as well as sport participation among Canadian born citizens as compared to immigrants. Transcending this general framework, particular consideration will be given to sport participation as related to national identity development. Clearly, Canada presents a unique context in which bicultural awareness is lauded. As exemplified through Black athletes, in particular, the ineluctable existence and development of a bicultural identity is one of great complexity during adolescence. Visible minorities explore the emerging question of identity from multiple perspectives: they are athletes; they are Canadian. Yet these identities are inherently linked to an ethnic and/or racial perspective because this is what is salient for the society in which they live. Arguably, adolescent athletes with hyphenated identities live in a state of double consciousness, vying to be “as Canadian as possible under the circumstances.”


Jennifer Henke/ Katrin Berndt (Universität Bremen, FB 10)

'L’étincelle de la vie' – L’amour et l’âge dans L’ours traversa la montagne (The Bear Came over the Mountain) d’Alice Munro (2001) et 'Loin d’elle' (Away from Her) de Sarah Polley (2006)

Les caprices qui régissent les amitiés humaines sont l’un des aspects centraux mis en scène par les histoires de l’écrivaine canadienne Alice Munro. Dans «L’ours traversa la montagne (The Bear Came over the Mountain) »(2001), l’auteure, qui vient de recevoir le prix Nobel de littérature, examine sous quelle forme s’exprime l’amour quand l’un des partenaires souffre d’une maladie dégénérative – et , par conséquent,  oublie  la vie que le couple avait menée ensemble avant. Notre contribution s’intéressera à la façon dont l’histoire d’Alice Munro et son adapation cinématographique « Loin d’elle (Away from her) » par Sarah Polley (2006) abordent les sujets de l’amour et de l’âge.

Nous montrerons d’abord la représentation de l’affection et du dévouement à travers les schémas et les images récurrents dans l’histoire pour discuter ensuite quel usage le film fait des paysages et de l’espace qui illustrent le combat du partenaire pris entre la distance émotionnelle et l’intimité.  L’histoire comme le film, telle est notre conclusion, insistent sur le fait de garder l’amour vivant et suggèrent qu’il pourra, l’âge venant et en se concentrant sur les valeurs essentielles, renaître par un nouvel élan.

'The Spark of Life' – Love and Age in Alice Munro’s 'The Bear Came over the Mountain' (2001) and Sarah Polley’s 'Away from Her' (2006)

The vagaries of human bonding are among the central aspects of life that Canadian writer Alice Munro depicts in her stories. In ‘The Bear Came over the Mountain’ (2001), the Nobel Prize winning author investigates the form which love assumes when one partner suffers from a degenerative disease – and subsequently forgets the life the couple once shared. Our talk will address how Munro’s story and its film adaptation by Sarah Polley, Away from Her (2006), realize the theme of love and age. We will introduce the representation of affection and dedication through recurrent rhetorical schemes and tropes in the story, and discuss the film’s use of landscapes and space, which illustrate the partners’ struggle with emotional distance and intimacy. Both story and film, we argue, insist on keeping love alive – suggesting that in age, its reversion to essential virtues might mark a new beginning.